Michel Garicoïts





Le cheminement des vocations est varié : toutes ont leur racine dans le Cœur de Dieu, chacune est le fruit de son Amour. La vocation du Prophète Jérémie nous dit comment cet Amour saisit l’homme dès avant sa naissance : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu ne sortes de son ventre, je t’ai consacré » (Jr.1.5).
La vocation de Michel Garicoïts illustre ce choix de Dieu : très jeune, il est attiré par l’Eucharistie : on a montré la cuisine de la maison natale, la table où vers l’âge de 5 ou 6 ans, il simulait les cérémonies de la messe. Les parents de Michel accueillent et protègent les prêtres qui ont refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé : c’est à travers eux que Michel découvre le visage du prêtre risquant sa vie pour le service des communautés chrétiennes.
Quant à l’âge de 12 ans, Michel exprime son désir de devenir prêtre, il se heurte à la pauvreté de sa famille. La réponse de son père lui barre la route : « Je ne pourrais même pas te procurer un trousseau. Si tu es raisonnable, laisse de côté ces rêves, car nous ne pouvons vivre que du fruit de notre travail ». La pauvreté matérielle, insurmontable à vues humaines, va devenir le chemin privilégié de sa formation au ministère sacerdotal : Michel sera domestique d’abord chez un fermier à Oneix, près de St Palais et ensuite valet à l’évêché de Bayonne. La famille ne supportera d’aucune façon les dépenses d’un garçon capable de gagner sa vie.
Prêtre diocésain
Devenu prêtre de Jésus-Christ, le 20 décembre 1823, Michel est nommé vicaire à Cambo : il n’y restera qu’un an et demi, animé d’un zèle qui fait face à toutes les situations : le curé est paralysé, Michel prend soin de lui comme d’un père… Il n’hésite pas à voler au secours de personnes en danger, à affronter des bourgeois d’esprit voltairien, il encourage la confrérie du Sacré-Cœur, il lui consacre la paroisse et propage la dévotion : dans l’espace de dix ans, 40 confréries regroupent plus de 600 membres dans le diocèse de Bayonne. Michel publie un manuel de dévotion intitulé : « L’Appel d’Amour du Sacré-Cœur de Jésus aux chrétiens fidèles ». En dix mois, la paroisse est transformée par le ministère de ce jeune prêtre, passionné de Dieu plein de sagesse et expert en discernement. « J’ai trouvé en arrivant dans la paroisse un vif sentiment de vénération pour l’Abbé Garicoïts et l’empreinte laissée par son zèle et le souvenir de ses vertus » témoigne un de ses successeurs à la cure de Cambo.
Vocation religieuse
La réussite dans la vie apostolique n’est pas un critère pour exiger de rester là où on travaille : « Allons ailleurs » répond Jésus à ses disciples qui viennent l’interrompre dans sa prière pour le ramener à Capharnaüm où tout le monde le réclame. L’ Évêque, à son insu, va orienter Michel Garicoïts vers la Vie Religieuse en lui demandant d’aller à Bétharram comme professeur de philosophie au séminaire du diocèse. Un instant, Michel s’interroge : « Quel dessein peut bien avoir notre évêque pour m’arracher à un ministère que Dieu bénissait visiblement ? » Monseigneur Lacroix ajoute une seconde mission en l’envoyant à Bétharram, disant : « L’Abbé Garicoïts est un saint, je veux en faire le directeur de toutes mes religieuses et vous verrez qu’il ravivera dans le diocèse la sève de l’esprit chrétien et religieux ».
Nommé aumônier des Filles de la Croix à Igon, le Père Garicoïts rencontre la fondatrice, Élisabeth Bichier des Ages, de 24 ans son aînée ; à partir de ce moment, l’appel à la vie religieuse commence à faire son chemin : il est frappé par sa pauvreté qui lui rappelle celle de sa famille. Une retraite chez les Jésuites à Toulouse le confirme dans sa vocation : « Vous suivrez votre première inspiration que je crois venue du ciel, lui dit le Père Leblanc, et vous serez le père d’une famille qui sera notre sœur ». Et Michel Garicoïts de porter ce projet au plus intime de son cœur : « Oh, se disait-il à lui-même, si l’on pouvait réunir une société de prêtres ayant pour programme le programme même du Cœur de Jésus, le Prêtre éternel, le Serviteur du Père céleste : dévouement et obéissance absolue, simplicité parfaite, douceur inaltérable ! Ces prêtres seraient un camp de soldats d’élite, prêts à courir, au premier signal des chefs, partout où ils seraient appelés, même et surtout dans les ministères dont les autres ne voudraient pas ».
Laborieux et interminable enfantement de celui de la Congrégation du Sacré-Coeur de Jésus de Bétharram : il va demander des années car en encourageant le fondateur à regrouper une équipe de missionnaires, Mgr Lacroix entend rester le maître de cette Société qu’il veut garder au service de son diocèse. Le Père Garicoïts se soumet à la volonté de son évêque : il meurt en 1863 et la Congrégation qu’il a fondée ne sera reconnue par l’Église qu’en 1875, sur l’intervention de la Bienheureuse Sœur Marie de Jésus Crucifié. Son corps peut être vénéré dans le Sanctuaire de Bétharram. Gaston Gabaix-Hialé,SCJ

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